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le 27/07/2016

 Chaque mise en oeuvre est vécue comme une aventure chez OKEENEA ! Au début tout va bien sur le papier mais là surgissent les imprévus. C'est là où le savoir faire, l’expérience et la pugnacité  font la différence. Idéal pour la plage cet été, nous vous laissons découvrir la nouvelle de l'année : "Samuel et l’étrange histoire de l’escalier courbe du château de Costellone".... 

"Moi, je suis un poseur pragmatique. Je suis un poseur moderne. Je connais mon métier, je suis un pro. Rien à redire à ça. Mon chef est content de moi, mes collègues me tapent sur l’épaule avec gentillesse, je connais par cœur les 27 sortes de vis qui servent pour les différents sols des escaliers. Je n’écoute pas les anciens, qui racontent des choses étranges sur les escaliers difficiles, sur les marches qui se rebellent… Foutaises ! Des fainéants, oui ! Un bon escalier est un escalier équipé ! Une marche, il faut qu’on lui colle un antidérapant dessus, et qu’on passe à une autre marche ! Je sais changer une mèche de foreuse d’une main, et je reconnais rien qu’au toucher un nez de marche plat d’un L avec double insert… On en me la fait pas, à moi ! Je suis un poseur moderne !

Au départ, ce chantier avait très bien commencé ! La feuille de route était bien remplie, la mission était claire. Un escalier sur mesure, avec relevé et découpe sur place. Bon, certes, la logistique s’était trompée sur l’adresse de l’hôtel. Sans parler du choix de l’hôtel, une fois retrouvé… pas de piscine, un petit déjeuner famélique, et la clim en panne.

J’étais parti tranquille, pourtant, ma caisse à outils bien préparée, le GPS, la carte bleue, la tablette flambant neuve pour envoyer le compte-rendu en temps réel au Chef de Projet… Et vous savez comment c’est : après une mauvaise nuit, tout parait différent. La batterie du perforateur s’était déchargée, il ne me restait que la visseuse, le GPS ne voulait pas trouver ses satellites, et le client avait du retard pour venir m’ouvrir le site ! j’aurais dû me méfier… Mais bon ! Un poseur ne recule jamais ! Le mètre laser à la ceinture, ma caisse au bout du bras, mes profils sur l’épaule, je n’écoutais pas cette petite voix qui me disait de m’en aller sans me retourner… Je suis un poseur, un tatoué, un vrai !

Finalement, le client est arrivé. Un grand chauve, un peu hautain, l’air qui croit s’y connaitre…

« C’est vous, Kinoa ? »

« Okeenea, oui c’est moi monsieur. Je viens pour mesurer et poser des nez de marche sur votre escalier d’honneur. A ce que dit ma fiche de mission, je mesure, je découpe et je pose sur place ! »

« Et c’est quoi, ca, Nokinoya ? »

« C’est une longue et bien belle histoire, monsieur… Je me ferais un plaisir de vous la raconter dès que j’aurais fini mon travail ! Une bien belle histoire, vous verrez ! »

Il a fini par m’emmener par tout un dédale de couloirs sans fin, vers un grand escalier en bois ! Un escalier ! Si vous l’aviez vu ! l’escalier rêvé du poseur de nez de marches : de bonnes grosses marches en hêtre, bien épaisses, bien droites, bien larges… parfaitement planes, avec un beau nez de marche tout en épaisseur, un régal : je commençais à me frotter les mains de contentement, je posais ma caisse à outils… Mais sans s’arrêter, le client montait les marches, et continuait dans un autre corridor sans se retourner… Ah mais ? Ce n’était pas cet escalier ! Misère ! Je lui aurais fait pour rien, moi, cet escalier, tellement il était beau !

Les couloirs étaient plus étroits, à l’étage. Je me cognais la caisse aux murs, les barres me faisaient mal à l’épaule, je commençais à suer ! Qu’est-ce que c’était que ce château de misère ?

Après mille détours, le client s’arrêta enfin devant une porte bancale et poussiéreuse. Voilà, me dit-il… c’est là ! Il entrouvrit la porte, quelques marches tordues montaient dans les ténèbres… un vieil escalier en colimaçon. Etroit, sinueux, penché, moisi… J’ai dû faire une tête désespérée, car il me toisa d’un regard de mépris, et s’en alla sans dire un mot.

Ma fierté de poseur me fouetta le sang ! Je relevai la tête ! Il allait voir, ce bougre ! J’allais lui finir en deux temps trois mouvements, moi, son escalier ! Et alors, il croyait quoi ? Que j’avais peur d’un escalier en colimaçon ? Que je rechignais à poser dans la poussière ? L’honneur des poseurs de nez de marche était en jeu ! Je vis soudain, dans l’ombre de l’escalier, les anciens poseurs de nez de marches des siècles passés, qui me regardaient avec ferveur. Leurs regards de poseur qui me regardaient avec fixité. Les tous premiers ancêtres poseurs, qui coinçaient des os de mammouth dans les marches qui descendaient des cavernes pour que les femmes et les enfants ne trébuchent pas dans les grottes en allant dessiner sur les murs… Les poseurs égyptiens, qui gravaient le hiéroglyphe sacré du dieu à tête de fourmi à droite de chaque nez de marche, pour que l’esprit de Pharaon retrouve son chemin dans la Grande Pyramide… et aussi les poseurs Inuits, qui bravaient le froid pour habiller de fanons de baleines les marches courbes des igloos ronds, sans craindre les engelures ! Oui ! Tous les poseurs de nez de marche des âges farouches me regardaient, et la chaleur de leurs regards me remplit de force et de courage ! Je saurais me montrer dignes, mes aïeux ! Je ferais honneur à la grande famille des poseurs, et cet escalier sera enfin équipé, accessible, et sécurisé !

Ouf, ça allait mieux. Je posais contre le mur mes profils scotchés ensemble par les collègues de l’atelier, je montais mon atelier mobile de coupe, je sorti mon mètre laser avec une pensée émue pour les anciens, et je commençais mon beau et lent travail… Mesure, mesure, reporte, coupe, perce, colle, fixe, change de mèche, et mesure, encore, et encore, et monte et descends, et monte, et redescends toujours et encore cet escalier sans fin, la tête me tournais, je m’appuyait sur le pieu central en tronc de chêne qui portait l’escalier sans âge, la sueur me brûlait les yeux, et je descendais, je remontais, les marches inégales n’avaient jamais la même dimension, et jamais un palier pour un repos, une halte, pour déplacer mon établi… monte, et remonte… mes cuisses n’en peuvent plus… je monte, je descends… on dirait que les barres sont toujours autant… il y a des barres partout, des bouts de chutes, des copeaux de métal, des rouleaux d’insert antidérapant partout, je ne trouve plus le balai, peu importe, je balaierai après, quand j’aurai fini… et je mesure, et je coupe, et je perce, et je visse, les doigts me brûlent, le chargeur ne se videra donc jamais ? Le laser ne s’éteindra donc jamais ? Et où va cet escalier ? Depuis combien de temps suis-je ici, à tourner dans cet escalier maudit, à trébucher sur ces marches grinçantes qui ne se finissent jamais ? Ma montre s’est arrêtée, elle… Je n’ai plus d’heure. Mais qu’importe ! Je finirais cet escalier, dussé-je y laisser ma santé ! Je n’ai plus de forces, mes mains tremblent en coupant les barres… l’aluminium s’insère partout dans mes habits, et me démange. Mes doigts saignent et se crispent. J’ai des crampes, et mon cou me fait horriblement mal. Je rampe presque en montant ces milliers de marches pour retrouver celle qui vient après… et après… et encore après… mes yeux se ferment, la lueur glauque qui filtre des meurtrières poussiéreuses tombe sur les marches avec trop de parcimonie… je ne sais plus qui je suis, suis-je un nez de marche ? Il faut que je m’arrête, il faut que je sorte, mais où est le haut ? Où est le bas ? Où sont la fin et le début de cet escalier diabolique… ? Monter ni descendre n’ont plus de sens… Et il reste encore tant de marches…

Probable que je vais me réveiller un jour… que je serais dans mon lit, bien tranquille…

J’aurais dû écouter les histoires des anciens poseurs et croire aux escaliers maudits…"

 Vous avez un projet ? Vous souhaitez une action héroïque pour sécuriser vos escaliers, contactez-nous. Nos équipes sauront relever les défis posés par la loi handicap de février 2005 et écrire une fin heureuse à vos enjeux d'accessibilité !